mercredi 30 avril 2008

LES VOIX DU CAMELEON, la compagnie

Christophe Merle, directeur artistique

Son parcours théâtral, Christophe Merle ne le commence pas dans une école, mais au Mali à 24 ans, où il travaille pendant trois années de 1989 à 1992. Aux côtés de Philippe Dauchez, professeur à l’Institut National des Arts, il participe au développement de l’association TRACT (Troupe de Recherche d’Animation et de Communication Théâtrale) dont l’objet est de proposer aux publics des spectacles traitant des préoccupations en matière de santé, de protection de l’environnement, des questions autour de l’eau, la gestion des problèmes fonciers.
Sur les places publiques, dans les écoles, dans les villages, le théâtre est utilisé dans une dominante didactique, un outil de communication.

Au cours de cette même période, il rencontre Adama Traoré et ensemble, ils fondent la compagnie Convergence pour travailler sur des textes d’auteurs et développer un théâtre de création. Ils montent Je soussigné cardiaque de Sony Labou Tansi et Le roi se meurt de Ionesco dans lesquels il est comédien.

De retour en France, il poursuit dans la direction des échanges avec le monde francophone et épaule pendant cinq années Monique Blin au festival des francophonies avant de fonder sa compagnie Les voix du Caméléon en 1996, dont il devient naturellement le directeur artistique.

Donner à voir et à entendre des auteurs qui tout en partageant notre langue envisagent d’autres conceptions du monde est le fil conducteur de la compagnie.

Comme des flêches du tchadien Koulsy Lamko est le premier spectacle sur lequel il s’engage.

Vient ensuite en 1998 Une hyène à jeun du malien Massa Makan Diabaté et le début des projets en co-production. Il retrouve ainsi son compère Adama Traoré du Mali et sa compagnie Acte Sept. Il invite également une compagnie Québecoise Ensemble Sauvage Public à se joindre au projet. 17 personnes en tournée, plus de 50 représentations sur les trois continents des compagnies partenaires, et le prix de l’Unesco pour la promotion des Arts.

En 2002 il monte et met en scène Fatma de l’algérien M’Hamed Benguettaf (plus de 60 représentations dans une dizaine de pays) et en 2005 Tombouctou 52 jours à dos de chameau du Marocain Ahmed Ghazali dont la mise en scène sera confiée à Vincent Goethals. Ce texte est le fruit d’une commande d’écriture passée à l’auteur et sera l’objet d’une co-production avec Acte Sept et Ensemble Sauvage Public.

En 2009 Les voix du Caméléon font une libre adaptation du texte de Ahmed Ghazali "Tombouctou, 52 jours à dos de chameau" dont le titre est "L'Écho...du pas de l'Homme" et dont la tournée a débuté. Puis ils souhaitent mettre en scène le texte Brasserie de l’auteur Ivoirien Koffi Kwahulé.
Christophe Merle réalisera ces deux mises en scène.

Parallèlement à ce travail de compagnie, il participe depuis 2002 aux projets du Centre Dramatique National de la Comédie de Reims. Co-organisateur du festival A scènes ouvertes, festival dédié à la poésie (lectures, mise en espace, formes théâtrales atypiques), il participe également aux spectacles Le diable en partage de Fabrice Melquiot, Rhinocéros de Ionesco, Homme pour Homme de Brecht, tous trois mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota.


"FATMA" de M'Hamed Benguettaf





"UNE HYENE À JEUN" de Massa Makan Diabaté





"TOMBOUCTOU 52 JOURS À DOS DE CHAMEAU" de Ahmed Ghazali



Depuis maintenant dix ans, Les Voix du Caméléon poursuivent leurs explorations et leurs découvertes de textes d’auteurs qui ont la particularité d’apporter un autre regard sur le monde : qu’il s’agisse du malien Massa Makan Diabaté, du tchadien Koulsy Lamko, du marocain Ahmed Ghazali ou de l’algérien M’Hamed Benguettaf. Ces auteurs nous bousculent, nous confrontent à nous-même, font vibrer la langue française et l’enrichissent. Notre théâtre en a besoin, les publics en sont curieux.
Désireux de rencontrer un public le plus large possible, en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord, les spectacles proposés par Les Voix du Caméléon se réfléchissent de manière à pouvoir se jouer en intérieur comme en plein air, dans un théâtre le mieux équipé ou dans un petit village.


Les Voix du Caméléon est une compagnie fondée en 1996 par Christophe Merle, directeur artistique et metteur en scène. Les spectacles ont tourné en France, en Espagne, au Québec, au Canada, au Mali, au Bénin, au Togo, au Sénégal, au Niger, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Maroc. La compagnie a travaillé en coproduction avec l'association "Acte Sept " du Mali, "Ensemble Sauvage Public" du Québec pour certains de leurs spectacles comme 'Hyène à Jeun" ou "Tombouctou 52 jours à dos de chameau".

mardi 29 avril 2008

Création : L'écho... du pas de l'Homme


Une représentation en avant-première de
L'écho...du pas de l'Homme

aura lieu au Théâtre de Cahors
le 6 novembre 2008 à 20h30

Actuellement, Les Voix du Caméléon travaillent sur deux créations pour 2008-2009 : "L'écho...du pas de l'Homme" et "Brasserie"

- "L'écho...du pas de l'homme"
libre adaptation par Diariétou Keïta du texte de Ahmed Ghazali "Tombouctou 52 jours à dos de chameau"

"L'écho... du pas de l'homme" de Ahmed Ghazali


Adaptation : Diariétou Keïta
Mise en scène : Christophe Merle
Comédienne : Diariétou Keïta
Costume : Frédérique Camaret
Création lumière : Laurent Massé
Directeur technique : Fernando Lopes-Fadigas
Environnement sonore :Walter N'Guyen






L'HISTOIRE :
Dans L’écho…du pas de l’Homme, il y a le Sahara, lieu mythique où se sont croisés pendant des siècles les Arabes, les Berbères, les Noirs Africains, les Européens. Il y a le commerce, les conquêtes, le colonialisme, l’avènement des Etats Nations au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Il y a notre présent, les migrations des damnés de la terre et le mythe de l’eldorado Européen, la mondialisation.

Il y a surtout une mise en perspective de l’Histoire des Hommes et leurs désirs irrésistibles de se mouvoir, de se déplacer, d’échanger, de se rencontrer, de se confronter, un besoin métaphysique et intemporel de pratiquer le “Voisinage“.

Pour en témoigner, une pancarte vieille de 2000 ans, une pancarte au milieu de rien….ou plutôt du désert, d’un no man’s land, d’un entre deux, d’un trait d’union. Une pancarte carrefour toujours prête à indiquer le chemin, éclairer la route et se faire l’écho du pas de l’homme, une pancarte sur laquelle est inscrite cette phrase “Tombouctou 52 jours à dos de chameau“, observatrice privilégiée et ironique de ces flux incessants, personnage central du récit qui chercherait à nous rappeler à chaque instant que dans cet espace-temps, nous ne sommes que peu de choses…

Tel un fantôme, elle erre prête à se laisser définitivement mourir.
Qui intéresse-t-elle encore? Qui se soucie d’elle ?
Méprisée, oubliée, éreintée, disparaîtra-t-elle à tout jamais emportant avec elle notre Histoire, notre Mémoire...


Les identités en mouvement...
Depuis les temps immémorials les Hommes se sont déplacés, se sont confrontés, se sont appréciés, se sont combattus.
Dans leurs balluchons, ils ont emporté leurs visions du monde, leurs imaginaires, leurs cultures, leurs croyances. De ces brassages sont issues des sociétés humaines qui n’ont cessé de muter, de se transformer, de se recomposer.

Qui pourrait prédire aujourd’hui ce que sera le monde dans 50 ans, dans un siècle…dans plusieurs siècles.
Comment envisager d’interdire aux Hommes de se déplacer alors que le monde s’est nourri de ces flux incessants.
Des murs se sont construits…ces murs ont été détruits.
Des murs se reconstruisent….ces murs seront de nouveau détruits.

Parce que l’Histoire n’est jamais terminée, parce que l’Histoire n’est jamais écrite d’avance, l’Homme poursuivra sa quête afin d’assouvir ce besoin du mouvement, du déplacement besoin tout aussi primaire que manger, se loger ou se vêtir.


L'AUTEUR : AHMED GHAZALI

Né au Maroc en 1964, Ahmed Ghazali après des études scientifiques, exerce le métier d'ingénieur géophysicien dans le domaine de l'exploration pétrolière, ce qui le fera voyager dans le Maghreb et le Moyen-Orient. La rencontre avec le désert lui fait découvrir sa véritable vocation : l'exploration de l'âme et de l'imaginaire à travers l'écriture dramatique et la recherche philosophique.





- "Brasserie"
de Koffi Kwahulé
"Brasserie" de Koffi Kwahulé
Direction artistique : Christophe Merle
Distribution : (en cours) 4 personnages



Quelque part en Afrique, une guerre fratricide a détruit tout le pays. Les vainqueurs, deux clowns sanguinaires, ont réussi à prendre la brasserie qui a résisté au massacre. Cette source de revenus du nouveau pouvoir, plus avide de profit que de démocratie, dépend d’une Européenne avec laquelle il faut composer….

Des tueries des libérateurs de pacotille aux rouages du néo-colonialisme, en passant par le détournement de l’argent public et les fausses promesses politiques, la pièce nous entraîne avec beaucoup de dérision et d’ironie dans les horreurs de la guerre et les dérives de ses lendemains.

Plus qu’une histoire africaine, Koffi Kwahulé, nous plonge au cœur des lendemains de guerre. Nous sommes nulle part…nous sommes partout où la guerre fait rage ! Car Koffi Kwahulé refuse les clichés dans lesquels l’Afrique serait le continent de tous les désastres, le monde occidental celui de la démocratie absolue doté d’une vertu sans limites et d’une morale irréprochable…

Ce sont des rapports à l’ère de la mondialisation dont il est question. Nous sommes au-delà du simple rapport Nord-Sud. L’auteur semble nous indiquer que ces grilles de lecture sont désormais obsolètes. Les différences qui divisent ne sont plus d’ordre culturel ou linguistique voir “civilisationnel“...

Seules les affaires comptent et les affaires sont autant le business économique, que le partage du pouvoir politique, les largesses, les honneurs et les distinctions qu’il procure !
En cela, il n’y a pas de frontières…seulement des intérêts !

L'AUTEUR : KOFFI KWAHULÉ

© D.R

Auteur, comédien, metteur en scène, Koffi Kwahulé est né en Côte d'Ivoire. Formé à l'Institut National des Arts d'Abidjan, à 23 ans il rejoint l'école de théâtre de la Rue Blanche, à Paris, tout en poursuivant des études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle. Traduites en plusieurs langues, ses pièces sont créées en Europe et en Afrique. Sans aucun doute l'un des plus talentueux et des plus prolixes auteurs d'origine africaine de notre époque, les textes de Koffi Kwahulé nous installent dans les rapports complèxes de notre temps. Il y a incontestablement une recherche dans la forme de l’écriture, une utilisation des langues (le français, l’allemand, les langues africaines formelles et celles détournées, constamment réinventées par des africains certes francophones ou anglophones (peu importe), mais africains dans la construction de leurs langues d’aujourd’hui. Et l’on pourrait attribuer à Koffi Kwahulé cette célèbre phrase du grand auteur congolais Sony Labou Tansi « je fais des bâtards à la langue française. »

Son oeuvre est profondément marquée par la présence de la musique. Mais dans "Brasserie", l’esprit n’est plus celui du jazz mais de la “grande musique“, la musique classique, qui plus est, celle des grands compositeurs allemands du XIXe siècle. Cette présence très soutenue caractérise une volonté d’exaltation des grands sentiments. Mise au service de ce texte, elle renforce l’absurdité de certaines situations pour parvenir à une forme de paroxysme poétique de la barbarie. Le décalage que cela crée, favorise le rire dans des scènes qui ne pourraient être traitées autrement sinon dans une émotivité primaire et stérile.
Sorte de caricatures, on a du mal à imaginer les personnages réels et pourtant notre inconscient tenace, lui, sait qu’il ne faut pas être dupe. Intelligente distance, détournement subtil qui nous emmène au rire. Mais il est des rires qui agissent comme des boucliers protecteurs…

Ce mélange des langues, des cultures, des musiques, des genres dans cette Brasserie, révèlent la musicalité de l’écriture et la liberté de ton de Koffi Kwahulé.


Les dates de "L'écho...du pas de l'Homme"


Le 24 janvier 2009 à Sénaillac-Lauzes, salle des fêtes, 20h30, dans le cadre de Parc en Scène

Le 28 février 2009 à Carlucet, salle des fêtes, 20h30, dans le cadre de Parc en Scène

Le vendredi 20 mars au festival Le Chaînon Manquant, à Figeac à 11h30 et 18h00, sous chapiteau, place Michelet

Le 28 mars à Limogne-en-Quercy, salle des fêtes, 20h30, dans le cadre de Parc en Scène

Le 19 juillet Escamps (46)

Du 19 au 22 août : Festival d'Aurillac

Le 23 octobre : L'Atelier à spectacle - Vernouillet (28)

Du 17 au 28 novembre : Théâtre du grand Rond - Toulouse (31)

Le 12 janvier 2010 : Théâtre Dionysos de Cahors

Le 22 janvier : Centre Culturel de Figeac (46)

Le 30 janvier : Lavaur (81)

Le 5 février : Saint André de Cubzac (33)

Le 9 février : Théâtre Georges Leygues de Villeneuve-sur-Lot (47)

Le 5 mars : "Village en Scène" Rablay sur Layon (49)

Le 26 mars : Le Palace à Surgères (17)

Le 25 juillet : Festival Africajarc (46)

lundi 28 avril 2008

Les autres spectacles des Voix du Caméléon


"
Une Hyène à jeun"de Massa Makan Diabaté



"Une Hyène à jeun", co-production Acte Sept (Mali), Ensemble Sauvage Public (Canada-Québec), Les Voix du Caméléon (France), Afrique en Créations,a été créé au Mali puis s'est rendu au M.A.S.A d'Abidjan et en tournée au Canada-Québec. Plus de 50 représentations ont eu lieu sur trois continents.
Ce spectacle a reçu le prix UNESCO pour la promotion des Arts.
Mise en scène : Patrick Janvier et Marcela Pizarro




L'histoire :

Au lendemain du Traité de Paix signé en 1886 sur les rives du fleuve Niger, Samory Touré est torturé par de multiples doutes. Désapprouvé par ses proches et par son armée, las du pouvoir dont les manigances et les compromissions lui pèsent, Samory doit choisir entre ses deux fils préférés celui qui se rendra en France selon les exigences du Traité. Décision qui revient à désigner son successeur à la tête de l'empire du Wassoulou.
Dioulé Karamoko, le fils choisi pour accomplir la délicate mission de "percer le secret des Blancs" revient à la fois fasciné et terrifié par la puissance militaire de l'ennemi. Seul, face à son père et à l'armée, devant son peuple engagé dans la guerre depuis quinze ans, il se proclame messager de la paix. Chacun dès lors se bat pour sauvegarder ce qu'il croit être l'essentiel.
Mais la vérité est-elle unique ou multiple? "Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes...", des êtres humains, faillibles tout comme nous, pétris de lumière autant que d'ombre.




Regards croisés

"Des hommes éloignés de nos préjugés comprendront peut-être que ce fut pour moi un devoir sacré de crier du haut d'une estrade : Paix ! Paix! "... Sommes-nous enfin cette génération qui, au-delà de ses différences, cherchera à découvrir l'essence commune de nos destinées humaines? Sommes-nous enfin prêts à nous questionner sur la nécessité de nouveaux rapports, d'une véritable rencontre?
Massa Makan Diabaté, au carrefour de l'Occident et de l'Afrique, est riche de cette double appartenance. Entre tradition et modernité, entre écriture et oralité, son texte nous invite à croiser nos regards, à mêler nos langages et à confronter nos cultures. À travers la rencontre de nos trois pays, de nos trois continents, nous nous sommes identifié à lui, riches, nous aussi, de toutes nos contradictions.
Dans cette recherche, il nous est apparu fondamental de redéfinir le rapport de l'œuvre au public et de sortir le théâtre de son univers conventionnel. Trois espaces scéniques encerclent le public, la mise en scène recrée l'atmosphère du campement de Samory et plonge le spectateur au cœur de l'action.



Massa Makan Diabaté


Massa Makan Diabaté est né en 1938 à Kita en plein pays malinké, un des berceaux de la tradition orale au Mali. Kélé Monson Diabaté, son oncle et maître, fut un traditionaliste, que beaucoup de chercheurs ont consulté pour son savoir. Malgré son titre universitaire (Historien), Massa Makan Diabaté n’a rien perdu de l’éducation traditionnelle donnée aux jeunes griots dès l’âge de 7 ans. Cela fit que M.M. Diabaté était, à proprement parler, "au carrefour de l’oral et de l’écrit".
Ce n’est donc pas un hasard si les premiers textes de M.M. Diabaté sont des traductions en français de textes traditionnels oraux (épopée, contes).

En effet, il est de coutume qu’à l’âge de 21 ans, le jeune griot récite, au cours d’une veillée, la geste de soundjata, telle qu’il l’a apprise depuis sa plus jeune enfance auprès de son père.

Il s’agit comme d’une sorte d’examen de passage, l’enfant, devant ensuite partir loin de sa terre natale parfaire son savoir au contact d’autres maîtres.

Parce que, son éducation traditionnelle fut interrompue par moment par l’école moderne française et qu’il se sentait plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, M.M. Diabaté entreprit alors de conclure son apprentissage comme le veut la coutume.

Les textes français inspirés de la tradition sont remarquables même si M.M. Diabaté aimait à dire qu’ils "sont piètres, comparé à la parole de Kélé Monson".

Quand il publie plus tard ses œuvres romanesques, M.M. Diabaté est toujours marqué par l’oralité. Comment en aurait-il pu être autrement, si l’homme n’a jamais ressenti la moindre frustration du fait de son appartenance à une caste (les griots ), qui est de nos jours totalement dévalorisée ?

La mort à Bamako en février 1988 de M.M Diabaté fit rappeler cette réflexion de Kélé Monson Diabaté : "Il n’est pas juste que le fruit vert tombe avant le fruit mûr".



"Tombouctou 52 jours à dos de chameau"
de Ahmed Ghazali.

En co-production avec "Acte Sept "(Mali) et "Ensemble Sauvage Public" (Canada/Québec).
Ce spectacle provient de la commande d'écriture passée à l'auteur par les compagnies co-productrice.
Mise en scène par Vincent GOETHALS.




Interroger poétiquement le monde.

Une pancarte vieille de 2000 ans sur laquelle est inscrite cette phrase "Tombouctou 52 jours à dos de chameau", observatrice privilégiée et ironique de ces flux incessants, est le personnage central du récit. Elle nous rappelle à chaque instant que dans cet espace-temps, nous ne sommes que peu de chose...
Lien entre "l'hier" et "l'aujourd'hui", l'Afrique et l'Europe, la petite histoire du commun des mortels et la grande Histoire, ce spectacle porte un regard sans complaisance sur note époque par l'évocation du traitement réservé aux clandestins, à ces migrants prêts à jouer leur vie pour échapper à un destin bien incertain.





Les identités en mouvement

Dans "Tombouctou 52 jours à dos de chameau", il y a le Sahara, lieu mythique où se sont croisés pendant des siècles les Arabes, les Berbères, les Noirs Africains, les Juifs fuyant l'oppression. Il y a le commerce, les conquêtes, le colonialisme, l'avènement des Etats Nations au Maghreb et en afrique de l'Ouest. Il y a notre présent, les migrations clandestines et le mythe de l'Eldorado européen et américain, le tourisme en quête d'exotisme, ceux qui viennent "aider" dans les ONG, eux qui fuient la société matérialiste en quête de spiritualité, les studios de cinéma où se farbriquent les robots des films de sciences-fiction...

Il y a surtout une mise en perspective de l'Histoire des Hommes et leurs désirs irrésistibles de se mouvoir, de se déplacer, d'échanger, de se rencontrer, de se confronter, un besoin métaphysique et intemporel de pratiquer le "Voisinage".



Ahmed Ghazali


Né au Maroc en 1964, Ahmed Ghazali après des études scientifiques, exerce le métier d'ingénieur géophysicien dans le domaine de l'exploration pétrolière, ce qui le fera voyager dans le Maghreb et le Moyen-Orient. La rencontre avec le désert lui fait découvrir sa véritable vocation : l'exploration de l'âme et de l'imaginaire à travers l'écriture dramatique et la recherche philosophique.

Sa pièce Le Mouton et la baleine, pour laquelle il a été lauréat 1999 des Journées d'auteurs au Théatre des Célestins de Lyon, a obtenu le prix SACD de la dramaturgie francophone en 2001 et le Prix Sony Labou Tansi des Lycéens en 2003


dimanche 27 avril 2008

En tournée : FATMA de M'Hamed Benguetaff



"Non, je ne mets pas en colère parce que l'on m'exploite.
Non, je me mets en colère parce qu'on me vole mon sentiment de liberté."
M.Benguettaf

L'histoire :

Derrière le personnage populaire de Fatma, la femme de ménage célibataire, se cache un individu blessé, confronté à de multiples pressions sociales, culturelles et politiques qui réduisent considérablement son champ de liberté et d’épanouissement.
Fatma souffre de différents maux. Des parents trop tôt disparus et donc des rêves et une ascension sociale qui se sont envolés, une fratrie peu reconnaissante, un mariage qui n’est pas venu, un entourage quotidien qui la surveille et qui lui fait payer cher son célibat (nous sommes dans une société musulmane), une société en transformation qui ne maîtrise plus ses propres choix et perd ses valeurs sociales, une classe politique arrogante où règne le népotisme et le dédain, un monde où les choses vont si vite qu’elles nous échappent.

Une fois par mois, le jour dont elle dispose pour laver son linge sur la terrasse de l’immeuble, Fatma retrouve son espace de liberté, d’intimité, de tranquillité... de survie ? Seule, enfin seule!
Entre le ciel qui incarne la légèreté, l’horizon, la lumière, l’avenir, l’intemporel, le monde du divin et la terre synonyme de pesanteur, d’absence de perspectives, de ténèbres, de présent sans espoir, de temps qui passe nous rapprochant chaque jour de la mort, de l’imperfection humaine, il y a Fatma et à travers elle, la fragilité de l’humanité.

Dominée par les puissants, bafouée par ses semblables, Fatma cherche à rester debout. Elle nous invite tantôt à la gravité, tantôt à la cocasserie et nous propose un voyage permanent entre intériorité et exubérance.



Notes de mise en scène :

L'action se déroule sur une journée, du lever du jour au coucher du soleil sur la terrasse d'un immeuble. Il s'agit d'une proposition pour une comédienne capable d'interpréter une quinzaine de personnage différents. L'espace aurait pu être entièrement vide, un lieu abstrait qui nous aurait coupé du contexte et des références culturelles (ce que nous suggère bien souvent le personnage). Nous avons cependant décidé de le symboliser avec quelques accessoires racontant une partie de la dimension urbaine de l'Afrique et des rapports sociaux qu'elle génère. Toute surcharge n'aurait été qu'un habillage esthétique gratuit.
En resserant un peu le texte, nous avons cherché à gagner en rythme tout en laissant apparaître des ruptures qui nous renvoient plus intérieurs. Ce texte porte en lui plusieurs dimensions. D'abord celle du quotidien et de ses pesanteurs puis celle de l'intemporel et sa dimension philosophique. Celle de l'humour, voire de l'autodérision et celle de la gravité que peuvent produire les échecs d'une vie. Passer de l'une de ces dimensions à l'autre, d'un personnage à un autre en évitant et le baroque et le pathos est l'enjeu de cette direction d'acteur.



M'Hamed Benguettaf : une écriture populaire et contemporaine.

im

Fatma est un texte qui a quinze ans. L’auteur, M’Hamed Benguettaf, est une des figures marquante du théâtre algérien des trente dernière années. Son écriture nous emmène poétiquement dans un univers du quotidien, un univers où les personnages se débattent et cherchent leur place dans un monde qui semble ne pas trop se préoccuper des moins chanceux, des plus fragiles...

Mais derrière cette écriture simple et populaire se révèle une intensité, un cri que la pudeur retient. Cette simplicité dans la forme de l’écriture, conjuguée aux blessures dissimulées de ses personnages, font de M’Hamed Benguettaf, un auteur contemporain en permanence à l’écoute des battements de coeur de l’humanité.

Ce monologue nous fait découvrir une langue, un chatoiement dans le verbe, une intensité dans le propos, de l’humour, des interrogations philosophiques sur notre condition humaine. La charge poétique de cette écriture nous renvoie au plus profond de nous-même.

Figure marquante du théâtre algérien d'abord comme comédien, M'Hamed Benguettaf (né en 1939) a travaillé pour la radio, puis a passé une grande partie de sa carrière au Théâtre National Algérien, avant de figurer parmi les fondateurs de la compagnie Masrah El Kalâa, Théâtre de la Citadelle. Il s'impose aujourd'hui comme un auteur dramatique prolifique et à succès.

Il a notamment traduit ou adapté en langue arabe des textes de Nazim Hikmet, Kateb Yacine, Ali Salem, Mahmoud Diab, Ray Bradburry et Mohamed Dib. Il a également mis en scène Le Bossu de Mohamed Touri et deux de ses créations : Djeha oua Nass et Ya Settar ouarfâh essitar.

Son adaptation à la scène de la nouvelle de Tahar Ouerta Les martyrs reviennent cette semaine, puis sa pièce El ayta ont remporté le premier prix du Festival de Carthage respectivement en 1987 et 1989. Depuis, la répétition ou Le rond-point puis Arrêt fixe ont connu un remarquable succés tant lors de leur création à Limoges que dans le cadre de la tournée internationale qui a suivi.

Il dirige depuis 2003 le Théâtre National Algérien.

samedi 26 avril 2008

Prochaines dates de FATMA



Le 21 mars 2008 à 21h00 au Théâtre de Villefranche de Rouergue

Du 8 au 20 mai 2008 à Niamey et Zinder au Niger Centre Culturel français dans le cadre du festival international "Paroles de femmes"

Le 14 novembre 2008 à MONTS (37) à 20h30, Espace Jean Cocteau, dans le cadre du festival "Plumes d'Afrique"

Le 15 novembre 2008 à Rivière (37) à 20h30, Salle des fêtes, dans le cadre du festival "Plumes d'Afrique".

Le 18 novembre 2008 à Tassin La Demi Lune (69) à 2oh3o, à L'Atrium.


Le 8 mars 2009 au Théâtre de Perpignan, 20h30

Le 24 avril 2009 à la MJC de Mazamet, 2oh3o

Le 5 mai 2009 à La Riche (37), salle Ronsard-Hôtel de ville La Pleiade Hors les Murs

12 Mai 2009 à 20h00 Institut français de Casablanca ( Maroc)

14 mai 2009 à 19h00 Complexe Culturel Al Houria de Fès (Maroc)

Le 5 juin 2009 au festival Africa Muret, Muret (31)

Le 16 juillet 2009 à Rodez, festival de Théâtre

Août 2009 : festival FESTHEF au Togo

vendredi 25 avril 2008

Diariétou Keïta, la comédienne



Comédienne professionnelle depuis 12 ans , Diariétou Keïta est diplômée d’Arts Dramatiques du conservatoire de Dakar où elle a reçu les enseignements du metteur en scène Philippe Laurent.

À sa sortie du conservatoire, elle fonde avec ses collègues de promotion, les 7 Kouss, qui s’affirmera très vite comme une compagnie incarnant la relève. Emblématiques d’une nouvelle génération de femmes et d’hommes de théâtre en Afrique, leurs créations collectives les emmènent dans de nombreux pays africains (Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Togo, Bénin, Cameroun, République Démocratique du Congo, Tunisie) et européens (France, Allemagne, Suisse, Belgique).

En 1998, elle rencontre le metteur en scène Paul Golub qui l’engage dans le spectacleTout bas si bas de Koulsy Lamko. Au cours de la création au festival des francophonies en Limousin, Jean-Claude Idée l’invite sur la création des Indépendantristes de William Sassine qui aura lieu l’année suivante. Elle participe également à l’importante création produite par « Les Voix du Caméléon », Une Hyène à Jeun de Masa Makan Diabaté, mise en scène par Patrick Janvier et Marcela Pizarro.

De 1993 à 2000 on la retrouve également au cinéma dans des films de Awa Sene Sarr, de Cheick Oumar Sissoko et dans Kirikou de Michel Ocelot.
Mais c’est le téléfilm sénégalais La collégienne, qui la révèlera au grand public.

En 2002, changement de cap. Elle s’installe en France, et monte avec Patrick Janvier Les nigauds de Carlos Liscano. Christophe Merle lui propose alors en 2004 le rôle de Fatma de M’Hamed Benguettaf, monologue qui lui fera franchir un nouveau palier dans sa carrière de comédienne. Plus de 60 représentations auront lieu dans une dizaine de pays. En 2005, on la retrouve dans Tombouctou 52 jours à dos de chameau de Ahmed Ghazali, mis en scène par Vincent Goethals.

Elle prépare un montage des œuvres poétiques de L.S Senghor en 2006 à l’occasion du centenaire de sa naissance. Elle travaille actuellement sur l’adaptation du texte de Ahmed Ghazali (Tombouctou) qui sera montée au cours de l’année 2008 sous le titre
L'écho...du pas de l'homme et dont la première représentation aura lieu en décembre 2008 dans le cadre du festival du Théâtre des Réalités à Bamako et le 7 novembre 2008 en avant-première au Théâtre de Cahors.