
"Non, je ne mets pas en colère parce que l'on m'exploite.
Non, je me mets en colère parce qu'on me vole mon sentiment de liberté."
M.Benguettaf
L'histoire :
Derrière le personnage populaire de Fatma, la femme de ménage célibataire, se cache un individu blessé, confronté à de multiples pressions sociales, culturelles et politiques qui réduisent considérablement son champ de liberté et d’épanouissement.
Fatma souffre de différents maux. Des parents trop tôt disparus et donc des rêves et une ascension sociale qui se sont envolés, une fratrie peu reconnaissante, un mariage qui n’est pas venu, un entourage quotidien qui la surveille et qui lui fait payer cher son célibat (nous sommes dans une société musulmane), une société en transformation qui ne maîtrise plus ses propres choix et perd ses valeurs sociales, une classe politique arrogante où règne le népotisme et le dédain, un monde où les choses vont si vite qu’elles nous échappent.
Une fois par mois, le jour dont elle dispose pour laver son linge sur la terrasse de l’immeuble, Fatma retrouve son espace de liberté, d’intimité, de tranquillité... de survie ? Seule, enfin seule!
Entre le ciel qui incarne la légèreté, l’horizon, la lumière, l’avenir, l’intemporel, le monde du divin et la terre synonyme de pesanteur, d’absence de perspectives, de ténèbres, de présent sans espoir, de temps qui passe nous rapprochant chaque jour de la mort, de l’imperfection humaine, il y a Fatma et à travers elle, la fragilité de l’humanité.
Dominée par les puissants, bafouée par ses semblables, Fatma cherche à rester debout. Elle nous invite tantôt à la gravité, tantôt à la cocasserie et nous propose un voyage permanent entre intériorité et exubérance.

Notes de mise en scène :
L'action se déroule sur une journée, du lever du jour au coucher du soleil sur la terrasse d'un immeuble. Il s'agit d'une proposition pour une comédienne capable d'interpréter une quinzaine de personnage différents. L'espace aurait pu être entièrement vide, un lieu abstrait qui nous aurait coupé du contexte et des références culturelles (ce que nous suggère bien souvent le personnage). Nous avons cependant décidé de le symboliser avec quelques accessoires racontant une partie de la dimension urbaine de l'Afrique et des rapports sociaux qu'elle génère. Toute surcharge n'aurait été qu'un habillage esthétique gratuit.
En resserant un peu le texte, nous avons cherché à gagner en rythme tout en laissant apparaître des ruptures qui nous renvoient plus intérieurs. Ce texte porte en lui plusieurs dimensions. D'abord celle du quotidien et de ses pesanteurs puis celle de l'intemporel et sa dimension philosophique. Celle de l'humour, voire de l'autodérision et celle de la gravité que peuvent produire les échecs d'une vie. Passer de l'une de ces dimensions à l'autre, d'un personnage à un autre en évitant et le baroque et le pathos est l'enjeu de cette direction d'acteur.
Derrière le personnage populaire de Fatma, la femme de ménage célibataire, se cache un individu blessé, confronté à de multiples pressions sociales, culturelles et politiques qui réduisent considérablement son champ de liberté et d’épanouissement.
Fatma souffre de différents maux. Des parents trop tôt disparus et donc des rêves et une ascension sociale qui se sont envolés, une fratrie peu reconnaissante, un mariage qui n’est pas venu, un entourage quotidien qui la surveille et qui lui fait payer cher son célibat (nous sommes dans une société musulmane), une société en transformation qui ne maîtrise plus ses propres choix et perd ses valeurs sociales, une classe politique arrogante où règne le népotisme et le dédain, un monde où les choses vont si vite qu’elles nous échappent.
Une fois par mois, le jour dont elle dispose pour laver son linge sur la terrasse de l’immeuble, Fatma retrouve son espace de liberté, d’intimité, de tranquillité... de survie ? Seule, enfin seule!
Entre le ciel qui incarne la légèreté, l’horizon, la lumière, l’avenir, l’intemporel, le monde du divin et la terre synonyme de pesanteur, d’absence de perspectives, de ténèbres, de présent sans espoir, de temps qui passe nous rapprochant chaque jour de la mort, de l’imperfection humaine, il y a Fatma et à travers elle, la fragilité de l’humanité.
Dominée par les puissants, bafouée par ses semblables, Fatma cherche à rester debout. Elle nous invite tantôt à la gravité, tantôt à la cocasserie et nous propose un voyage permanent entre intériorité et exubérance.

Notes de mise en scène :
L'action se déroule sur une journée, du lever du jour au coucher du soleil sur la terrasse d'un immeuble. Il s'agit d'une proposition pour une comédienne capable d'interpréter une quinzaine de personnage différents. L'espace aurait pu être entièrement vide, un lieu abstrait qui nous aurait coupé du contexte et des références culturelles (ce que nous suggère bien souvent le personnage). Nous avons cependant décidé de le symboliser avec quelques accessoires racontant une partie de la dimension urbaine de l'Afrique et des rapports sociaux qu'elle génère. Toute surcharge n'aurait été qu'un habillage esthétique gratuit.
En resserant un peu le texte, nous avons cherché à gagner en rythme tout en laissant apparaître des ruptures qui nous renvoient plus intérieurs. Ce texte porte en lui plusieurs dimensions. D'abord celle du quotidien et de ses pesanteurs puis celle de l'intemporel et sa dimension philosophique. Celle de l'humour, voire de l'autodérision et celle de la gravité que peuvent produire les échecs d'une vie. Passer de l'une de ces dimensions à l'autre, d'un personnage à un autre en évitant et le baroque et le pathos est l'enjeu de cette direction d'acteur.
M'Hamed Benguettaf : une écriture populaire et contemporaine.

Fatma est un texte qui a quinze ans. L’auteur, M’Hamed Benguettaf, est une des figures marquante du théâtre algérien des trente dernière années. Son écriture nous emmène poétiquement dans un univers du quotidien, un univers où les personnages se débattent et cherchent leur place dans un monde qui semble ne pas trop se préoccuper des moins chanceux, des plus fragiles...
Mais derrière cette écriture simple et populaire se révèle une intensité, un cri que la pudeur retient. Cette simplicité dans la forme de l’écriture, conjuguée aux blessures dissimulées de ses personnages, font de M’Hamed Benguettaf, un auteur contemporain en permanence à l’écoute des battements de coeur de l’humanité.
Ce monologue nous fait découvrir une langue, un chatoiement dans le verbe, une intensité dans le propos, de l’humour, des interrogations philosophiques sur notre condition humaine. La charge poétique de cette écriture nous renvoie au plus profond de nous-même.
Figure marquante du théâtre algérien d'abord comme comédien, M'Hamed Benguettaf (né en 1939) a travaillé pour la radio, puis a passé une grande partie de sa carrière au Théâtre National Algérien, avant de figurer parmi les fondateurs de la compagnie Masrah El Kalâa, Théâtre de la Citadelle. Il s'impose aujourd'hui comme un auteur dramatique prolifique et à succès.
Il a notamment traduit ou adapté en langue arabe des textes de Nazim Hikmet, Kateb Yacine, Ali Salem, Mahmoud Diab, Ray Bradburry et Mohamed Dib. Il a également mis en scène Le Bossu de Mohamed Touri et deux de ses créations : Djeha oua Nass et Ya Settar ouarfâh essitar.
Son adaptation à la scène de la nouvelle de Tahar Ouerta Les martyrs reviennent cette semaine, puis sa pièce El ayta ont remporté le premier prix du Festival de Carthage respectivement en 1987 et 1989. Depuis, la répétition ou Le rond-point puis Arrêt fixe ont connu un remarquable succés tant lors de leur création à Limoges que dans le cadre de la tournée internationale qui a suivi.
Il dirige depuis 2003 le Théâtre National Algérien.
Mais derrière cette écriture simple et populaire se révèle une intensité, un cri que la pudeur retient. Cette simplicité dans la forme de l’écriture, conjuguée aux blessures dissimulées de ses personnages, font de M’Hamed Benguettaf, un auteur contemporain en permanence à l’écoute des battements de coeur de l’humanité.
Ce monologue nous fait découvrir une langue, un chatoiement dans le verbe, une intensité dans le propos, de l’humour, des interrogations philosophiques sur notre condition humaine. La charge poétique de cette écriture nous renvoie au plus profond de nous-même.
Figure marquante du théâtre algérien d'abord comme comédien, M'Hamed Benguettaf (né en 1939) a travaillé pour la radio, puis a passé une grande partie de sa carrière au Théâtre National Algérien, avant de figurer parmi les fondateurs de la compagnie Masrah El Kalâa, Théâtre de la Citadelle. Il s'impose aujourd'hui comme un auteur dramatique prolifique et à succès.
Il a notamment traduit ou adapté en langue arabe des textes de Nazim Hikmet, Kateb Yacine, Ali Salem, Mahmoud Diab, Ray Bradburry et Mohamed Dib. Il a également mis en scène Le Bossu de Mohamed Touri et deux de ses créations : Djeha oua Nass et Ya Settar ouarfâh essitar.
Son adaptation à la scène de la nouvelle de Tahar Ouerta Les martyrs reviennent cette semaine, puis sa pièce El ayta ont remporté le premier prix du Festival de Carthage respectivement en 1987 et 1989. Depuis, la répétition ou Le rond-point puis Arrêt fixe ont connu un remarquable succés tant lors de leur création à Limoges que dans le cadre de la tournée internationale qui a suivi.
Il dirige depuis 2003 le Théâtre National Algérien.
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