mardi 28 avril 2009

Les autres spectacles des Voix du Caméléon


"
Une Hyène à jeun"de Massa Makan Diabaté



"Une Hyène à jeun", co-production Acte Sept (Mali), Ensemble Sauvage Public (Canada-Québec), Les Voix du Caméléon (France), Afrique en Créations,a été créé au Mali puis s'est rendu au M.A.S.A d'Abidjan et en tournée au Canada-Québec. Plus de 50 représentations ont eu lieu sur trois continents.
Ce spectacle a reçu le prix UNESCO pour la promotion des Arts.
Mise en scène : Patrick Janvier et Marcela Pizarro




L'histoire :

Au lendemain du Traité de Paix signé en 1886 sur les rives du fleuve Niger, Samory Touré est torturé par de multiples doutes. Désapprouvé par ses proches et par son armée, las du pouvoir dont les manigances et les compromissions lui pèsent, Samory doit choisir entre ses deux fils préférés celui qui se rendra en France selon les exigences du Traité. Décision qui revient à désigner son successeur à la tête de l'empire du Wassoulou.
Dioulé Karamoko, le fils choisi pour accomplir la délicate mission de "percer le secret des Blancs" revient à la fois fasciné et terrifié par la puissance militaire de l'ennemi. Seul, face à son père et à l'armée, devant son peuple engagé dans la guerre depuis quinze ans, il se proclame messager de la paix. Chacun dès lors se bat pour sauvegarder ce qu'il croit être l'essentiel.
Mais la vérité est-elle unique ou multiple? "Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes...", des êtres humains, faillibles tout comme nous, pétris de lumière autant que d'ombre.




Regards croisés

"Des hommes éloignés de nos préjugés comprendront peut-être que ce fut pour moi un devoir sacré de crier du haut d'une estrade : Paix ! Paix! "... Sommes-nous enfin cette génération qui, au-delà de ses différences, cherchera à découvrir l'essence commune de nos destinées humaines? Sommes-nous enfin prêts à nous questionner sur la nécessité de nouveaux rapports, d'une véritable rencontre?
Massa Makan Diabaté, au carrefour de l'Occident et de l'Afrique, est riche de cette double appartenance. Entre tradition et modernité, entre écriture et oralité, son texte nous invite à croiser nos regards, à mêler nos langages et à confronter nos cultures. À travers la rencontre de nos trois pays, de nos trois continents, nous nous sommes identifié à lui, riches, nous aussi, de toutes nos contradictions.
Dans cette recherche, il nous est apparu fondamental de redéfinir le rapport de l'œuvre au public et de sortir le théâtre de son univers conventionnel. Trois espaces scéniques encerclent le public, la mise en scène recrée l'atmosphère du campement de Samory et plonge le spectateur au cœur de l'action.



Massa Makan Diabaté


Massa Makan Diabaté est né en 1938 à Kita en plein pays malinké, un des berceaux de la tradition orale au Mali. Kélé Monson Diabaté, son oncle et maître, fut un traditionaliste, que beaucoup de chercheurs ont consulté pour son savoir. Malgré son titre universitaire (Historien), Massa Makan Diabaté n’a rien perdu de l’éducation traditionnelle donnée aux jeunes griots dès l’âge de 7 ans. Cela fit que M.M. Diabaté était, à proprement parler, "au carrefour de l’oral et de l’écrit".
Ce n’est donc pas un hasard si les premiers textes de M.M. Diabaté sont des traductions en français de textes traditionnels oraux (épopée, contes).

En effet, il est de coutume qu’à l’âge de 21 ans, le jeune griot récite, au cours d’une veillée, la geste de soundjata, telle qu’il l’a apprise depuis sa plus jeune enfance auprès de son père.

Il s’agit comme d’une sorte d’examen de passage, l’enfant, devant ensuite partir loin de sa terre natale parfaire son savoir au contact d’autres maîtres.

Parce que, son éducation traditionnelle fut interrompue par moment par l’école moderne française et qu’il se sentait plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, M.M. Diabaté entreprit alors de conclure son apprentissage comme le veut la coutume.

Les textes français inspirés de la tradition sont remarquables même si M.M. Diabaté aimait à dire qu’ils "sont piètres, comparé à la parole de Kélé Monson".

Quand il publie plus tard ses œuvres romanesques, M.M. Diabaté est toujours marqué par l’oralité. Comment en aurait-il pu être autrement, si l’homme n’a jamais ressenti la moindre frustration du fait de son appartenance à une caste (les griots ), qui est de nos jours totalement dévalorisée ?

La mort à Bamako en février 1988 de M.M Diabaté fit rappeler cette réflexion de Kélé Monson Diabaté : "Il n’est pas juste que le fruit vert tombe avant le fruit mûr".



"Tombouctou 52 jours à dos de chameau"
de Ahmed Ghazali.

En co-production avec "Acte Sept "(Mali) et "Ensemble Sauvage Public" (Canada/Québec).
Ce spectacle provient de la commande d'écriture passée à l'auteur par les compagnies co-productrice.
Mise en scène par Vincent GOETHALS.




Interroger poétiquement le monde.

Une pancarte vieille de 2000 ans sur laquelle est inscrite cette phrase "Tombouctou 52 jours à dos de chameau", observatrice privilégiée et ironique de ces flux incessants, est le personnage central du récit. Elle nous rappelle à chaque instant que dans cet espace-temps, nous ne sommes que peu de chose...
Lien entre "l'hier" et "l'aujourd'hui", l'Afrique et l'Europe, la petite histoire du commun des mortels et la grande Histoire, ce spectacle porte un regard sans complaisance sur note époque par l'évocation du traitement réservé aux clandestins, à ces migrants prêts à jouer leur vie pour échapper à un destin bien incertain.





Les identités en mouvement

Dans "Tombouctou 52 jours à dos de chameau", il y a le Sahara, lieu mythique où se sont croisés pendant des siècles les Arabes, les Berbères, les Noirs Africains, les Juifs fuyant l'oppression. Il y a le commerce, les conquêtes, le colonialisme, l'avènement des Etats Nations au Maghreb et en afrique de l'Ouest. Il y a notre présent, les migrations clandestines et le mythe de l'Eldorado européen et américain, le tourisme en quête d'exotisme, ceux qui viennent "aider" dans les ONG, eux qui fuient la société matérialiste en quête de spiritualité, les studios de cinéma où se farbriquent les robots des films de sciences-fiction...

Il y a surtout une mise en perspective de l'Histoire des Hommes et leurs désirs irrésistibles de se mouvoir, de se déplacer, d'échanger, de se rencontrer, de se confronter, un besoin métaphysique et intemporel de pratiquer le "Voisinage".



Ahmed Ghazali


Né au Maroc en 1964, Ahmed Ghazali après des études scientifiques, exerce le métier d'ingénieur géophysicien dans le domaine de l'exploration pétrolière, ce qui le fera voyager dans le Maghreb et le Moyen-Orient. La rencontre avec le désert lui fait découvrir sa véritable vocation : l'exploration de l'âme et de l'imaginaire à travers l'écriture dramatique et la recherche philosophique.

Sa pièce Le Mouton et la baleine, pour laquelle il a été lauréat 1999 des Journées d'auteurs au Théatre des Célestins de Lyon, a obtenu le prix SACD de la dramaturgie francophone en 2001 et le Prix Sony Labou Tansi des Lycéens en 2003


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